Comme vous le savez, J’écoute beaucoup de podcasts sur les sciences et technologies :). Je suis tombée l’autre jour sur un podcast au sujet de l’indépendance technologique qui m’a beaucoup séduit
La personne interviewée était Dereck Sivers et je le trouve passionnant. Vous pouvez visiter son blog (https://sive.rs) et vous jugerez par vous mêmes.Dans ce podcast, il défendait la thèse selon laquelle nous étions tous devenus dépendants de plateformes technologiques diverses : Uber eats pour nous nourrir, Amazon, YouTube, ou Netflix pour regarder un film, Spotify ou Deezer pour la musique ..etc )
Nous devenons captifs et dépendants de services qui peuvent, à n’importe quel moment, pour diverses raison être interrompus et nous laisser démunis.
Dereck Sivers conseille dans ce podcast de retrouver une indépendance technologique et donne quelques conseils pour installer un serveur (un simple ordinateur permettant de conserver ses photos, ses documents importants afin d’éviter de tout laisser dans les mains de Google, Apple ou Amazon.
Enthousiasmée par ce podcast, je m’empresse de le partager avec mon équipe de geeks la semaine suivante et leur première réaction est.. « OK Catherine, alors ce gars , il a aussi un « escape bag » dans son garage non ? »
Ah, je n’avais pas fait le lien !!
Est ce que ces chantres de la “souveraineté numérique” alimentent la théorie survivaliste ?
Doit on tous vivre “off grid” (Cette tendance post-covid qui consiste à défendre un mode de vie autonome, avec son potager, sa propre énergie solaire ou éolienne …)
Autant je suis assez alignée sur le constat de Derek Sivers et considère qu’à bien des égards la technologie est en train de faire nous des handicapés, (cf une de mes précédentes lettres) pour autant est ce que une vie en totale autarcie est bien souhaitable ?
A quoi ressemblerait une société où chacun cherche le maximum d’autonomie et ou on ne compte plus ni sur son primeur, ni sur mon médecin, ni sur l’enseignant de ses enfants …. Une société qui fait de nous des super.wo.man augmentés par Google ou ChatGPT et où chacun se crée sa propre économie “souveraine” sans avoir besoin de personne.
Où est le point d’équilibre entre ces deux mondes… ??
Pour les choses importantes à nos yeux, ne peut on pas faire confiance à des spécialistes ?
Pour la santé par exemple, une de mes valeurs cardinales, j’essaie de bien m’entourer de bons spécialistes kinés, dentistes, médecins pour me soigner. Mes connaissances me permettent de porter un jugement éclairé sur leur pratique mais pas de les remplacer.
Je respecte leur compétence, mais je ne veux pas non plus être totalement dépendante de l’avis d’un médecin aussi brilliant soit il. Je veux comprendre, être en capacité de juger et de me faire une opinion par moi même.
Laisser quelqu’un prendre soin de choses ou de gens qui nous sont chers est un acte important. Veiller à ne pas devenir dépendant matériellement ou psychologiquement de ces personnes l’est autant.
Prendre le risque inconsidéré de sacrifier entièrement des choses qui nous sont chères moi je ne trouve pas ça beau, je trouve ça idiot (Désolée pour les romantiques).
Je trouve plus sain, de rester autonome c’est à dire en capacité de remettre en question ses choix (sur sa vie, sa santé, ses partenaires etc… .)
Le second point important c’est de ne pas perdre les compétences que nous avons acquises dans le passé et de continuer d’en acquérir régulièrement de nouvelles.
Exemples: conduire une boîte manuelle, cuisiner, entretenir la force et la souplesse, dessiner, écrire, calculer lire, bricoler, apprendre une nouvelle langue ou pratiquer son allemand avec une amie germanique.
C’est une façon d’entretenir la plasticité de notre cerveau. Entretenir des circuits neuronaux qui sont déjà établis est bien plus facile que d’en créer de nouveaux.
Par exemple, après être rentrés d’un voyage spatial, les astronautes doivent réapprendre à marcher sur terre… mais cela ne leur prend pas 1 an !! … ça leur revient très vite.
Lors que nous nous sentons limités ou restreints physiquement, financièrement, intellectuellement, nous osons moins, nous restons dans notre coin et évitons de prendre des risques. Un certain niveau d’indépendance renforce la confiance en soi et ouvre les horizons.
Apprendre à cuisiner, à faire un feu, à conduire une voiture, à parler anglais nous ouvre le champ des possibles . Je prends souvent l’exemple de l’anglais car j’ai toujours aimé le parler. Est ce que sans cette compétence, j’aurais voyagé seule si loin ? Est ce que j’aurais choisi les professeures de yoga les plus renommées pour apprendre à enseigner … ? Parfois entretenir juste une compétence, peux élargir énormément nos horizons.
Notre indépendance, notre liberté de mouvement, de jugement et de décision est précieuse, mais ne doit pas nous faire renoncer au lien qui nous unit , qui nous permet d’accepter en toute humilité nos faiblesses et de compter sur les forces environnantes pour nous soutenir.
je finis avec ce petit proverbe (si vous savez d’où il vient dites le moi car je ne saurais pas vous donner sa source)
Les temps difficiles créent des hommes forts,
les hommes forts créent des temps faciles.
Les temps faciles créent des hommes faibles,
et les hommes faibles créent des temps difficiles.
N’oublions pas cela, et continuons de nous comporter comme des guerriers pacifiques affutés et prêts à affronter les temps qui viennent.
Love & Good vibes
