Le titre de cette newsletter est inspiré d’une jolie série que vous avez peut être vue sur Arte et qui raconte le quotidien d’un psy.
Avant de partir en vacances, j’ai mis fin à trois années de séances hebdomadaires avec ma psy et j’avais envie de partager cette expérience avec vous. Plusieurs raisons m’ont poussé à le faire :
La première : égratigner un peu ce tabou omniprésent autour de la thérapie et des psys. La santé mentale est aussi importante que la santé physique. Malgré cela, parler de santé mentale est souvent embarrassant … Evoquez la dépression ou l’addiction de quelqu’un dans une conversation entre amis ou en famille et vous vous rendrez vite compte de ce que cela peut provoquer !!
La deuxième : c’est qu’au cours des vacances j’ai entendu, une spécialiste de l’addiction dire cette phrase magique : « La vérité est un médicament ». J’ai trouvé cette phrase si belle que je me la suis répétée souvent cet été comme un « mantra ».
La troisième : c’est Simone Biles cette star de la gym américaine qui abandonne son rêve olympique au pied du podium pour prendre soin de sa « santé mentale ».. Elle m’a rappelé des souvenirs de gymnaste et ma propre décision de ne pas aller aux championnats de France malgré une sélection durement obtenue. Ce choix longtemps regretté qui reste jusqu’à ce jour une de mes plus belles et douloureuses leçons de vie.
Revenons à la thérapie, Il y a quelques années, dans mes résolutions de rentrée, j’ai décidé de prendre rdv avec une psy elle était jeune et sympa j’ai tout de suite été en confiance. Bien sur je ne vais pas partager le contenu de nos échanges mais voici quelques leçons que j’ai apprises grâce à nos conversations.
D’abord, prendre une heure de mon agenda toutes les semaines pour nos séances me semblait totalement IMPENSABLE … « C’est votre santé, c’est vous qui décidez » m’a répondu la psy !! Comme pour le sport, l’introspection est un vrai travail sur soi, cela demande de la discipline et un investissement de votre temps et de votre budget. Pourquoi est ce difficile de considérer notre santé mentale avec autant de sérieux que notre santé physique ? J’ai bloqué nos séances avec autant de fermeté que s’il s’agissait d’un rdv médical et j’ai pris l’habitude de prendre des moments pour moi dans ma journée et dans ma semaine.
Se faire confiance. Pourquoi parfois est ce difficile de déjeuner seul(e) ou essayer un nouveau restaurant ou de partir en voyage, aller voir un film ou une pièce. Nous avons souvent besoin de notre conjoint, de nos amis ou parents pour nous rassurer ou valider nos choix alors que nous pourrions juste décider et faire certaines choses seuls.
J’ai aussi réalisé combien de pression et de stress je subissais au quotidien et combien notre désir de perfection est si dommageable. Souvent nous nous « blindons » pour nier notre vulnérabilité, nous enfilons une énorme armure trop lourde. Nous pensons qu’elle nous protège alors que c’est un pesant boulet à nos pieds.
J’ai également révélé des secrets et notamment des troubles du comportement alimentaire (le psy trouvera aussi des jolis mots pour nommer les trucs moches 🙂 que je gardais secrets depuis l’adolescence et que j’ai soignés grâce à un médecin merveilleux. et c’est comme cela que j’ai découvert que « la vérité est un médicament. » et que c’est en acceptant de partager mes secrets que j’ai commencé à les résoudre.
J’ai appris à faire des grands breaks seule ou avec des amis, à mettre des limites, à m’éloigner ou me séparer des gens qui me prenaient trop d’énergie, à exiger le calme et la solitude dont j’ai besoin.
Quand j’ai entendu l’histoire de cette gymnaste américaine qui décide de laisser tomber la finale des JO, Je me suis rappelée que j’avais aussi dans ma vie plusieurs fois dis NON face à une pression trop forte, à des projets ou des fardeaux que je portais et qui n’étaient pas à moi… Je suis tellement reconnaissante pour cet instinct de préservation.
C’est pourtant loin d’être facile et parfois pour dire non, nous avons besoin d’aide. L’écoute et les conseils professionnels et bienveillants d’une thérapeute m’ont été d’une grande aide pour comprendre et modifier de façon de penser et mes actes.
Voilà, ces années « en thérapie » ont aussi changé mon regard sur les troubles mentaux (légers ou plus graves..). Elles ont changé mon regard sur l’addiction, la dépression ou toutes les formes d’autisme ou de handicap mental…. Tous les être humains ont en commun un mental qui vacille parfois. La vérité est que nous sommes vulnérables. Cette vérité nous unit, nous rend plus libres et plus forts.
With love and good vibes
