Devenir Herbivore

Voici une newsletter cachée dans un tiroir que j’ai enfin le courage de partager avec vous. Elle porte un peu à controverse et si elle heurte certains, je les prie de m’en excuser par avance.

Lorsque j’ai fait ma première retraite de yoga sur une île paradisiaque, nous étions prévenus que le restaurant sur place servait exclusivement des menus “vegan”. Je détestais ce mot. Un mot qui renvoyait pour moi à des pratiques extrémistes, notamment envers les paysans. Mon papa est un paysan.

Lors de mes études j’avais commencé au retour des cours de fitness à acheter des fruits et légumes sur le marché et à lire des livres sur la nutrition. C’est comme cela que j’ai découvert les livres du Dr Katherine Kousmine ce médecin russe avant-gardiste et ses travaux sur l’alimentation naturelle basée sur les légumes.

Je mange peu de viande et de poisson et je n’en cuisine pas chez moi. Les légumes, les pâtes, le riz c’est tellement bon, sain et facile à digérer.
Passer au “ totalement végétal” l’espace d’un stage de yoga, ne m’a donc pas vraiment perturbée.
A l’époque, je ne comprenais pas bien le raisonnement des « vegans » et j’étais bien décidée à être une prof de yoga moderne qui mange de temps en temps un cheese burger,

Malgré cela, j’ai essayé de comprendre le raisonnement. Il y a une règle d’or dans le yoga, c’est « Ahimsa » : la Non Violence. Cette règle qui impose le respect de toute vie humaine ou animale.

J’ai grandi dans une ferme. C’est assez pour se rendre compte qu’il faut beaucoup de passion pour dédier toute une vie aux animaux, pour vider des box, soulever du fumier, se lever tous les matins et souvent les nuits pour nourrir, traire ou assister une naissance.

J’ai donc nourri des veaux, les ai apprivoisés, soignés avec tendresse. Dire que ça ne me posait pas de problème de manger du veau ou du lapin serait mentir. (Nous n’avons jamais mangé mes lapins en tous cas !!)

A la ferme, il ne fallait pas faire sa « chochotte ».
Est ce que ça me faisait de la peine ? OUI
Est ce que ça en faisait à mon père ? OUI (il me l’a confié la chose qu’il détestait le plus faire était de séparer les veaux de leur mère à la naissance)

Il faut également se rendre à l’évidence l’élevage des animaux est une industrie polluante. Elle est souvent violente pour les animaux et aussi pour les gens qui la pratiquent. L’immense consommation d’eau et les tonnes de déchets organiques produits par un élevage de poissons, de poules ou de porcs ne peuvent pas laisser indifférent.

Le prix que nous payons en tant que consommateur ne permet pas de rémunérer correctement tous ces coûts de production et notamment la quantité inouïe de main d’œuvre et la technicité nécessaire pour produire un litre de lait ou une côte de bœuf.

C’est comme ça, depuis des siècles, est ce une raison suffisante pour continuer ? As t’on vraiment besoin de tout ce lait, cette viande ….et ce fromage ?

Ah là je vous sens inquiets, parce qu’en France le fromage c’est SACRÉ! Cela fait des générations que nos aïeux perfectionnent des procédés très élaborés pour créer un camembert, une fourme d’Ambert ou un reblochon .. As t’on le droit d’anéantir le travail acharné de nos grands parents qui ont créé ces trésors nationaux ?

Si nous décidons pour des raisons éthiques que nous souhaitons éviter la souffrance des animaux et éviter la pollution. Ne serait ce pas également une forme de violence que de détruire l’héritage culinaire légué par nos ancêtres ou de tarir la source de revenus de tous ceux qui exercent le métier difficile d’élever des animaux pour nous nourrir. Le débat n’est pas simple …

Si nous le décidions, serions nous capables de la même ingéniosité, la même patience pour créer de nouveaux trésors culinaires à base de végétaux pour les générations futures ?

J’y ai beaucoup réfléchi et je pense que la réponse est OUI !! parce que nous aimons manger, nous aimons créer, nous sommes ingénieux, nous sommes français 🙂

Manger des plantes, c’est mon moyen d’exprimer une opinion dans ce débat.
Cependant, j’essaie de respecter le travail du cuisinier, d’honorer le poulet que l’on a abattu pour me nourrir et les traditions culinaires de mon pays mais je continue à préférer manger des végétaux par goût mais aussi pour ma santé et par compassion pour les bêtes.

De nos jours la viande et le lait sont des produits de luxe, leur production coûte très cher.
Sur cette chaîne de production, beaucoup d’humains font des choses que nous ne serions pas prêts à faire …et sont très peu (voire pas) rémunérés pour cela.

Je ne veux ni qu’on tue un animal pour moi, ni qu’un homme, le cœur serré, doive séparer un petit veau de sa mère pour pouvoir mettre du gruyère sur ma pizza ..

Voilà je partage avec vous une conviction (et non une lubie), j’ai réfléchi et je mange des plantes ça me rend encore plus heureuse et plus légère !

With love and good vibes

Publié par Cath

Professeur de Yoga

Laisser un commentaire