Surfer la vague

J’espère que cette newsletter vous trouvera en forme, prêts pour la phase de déconfinement tant attendue.
Je cherche depuis plusieurs jours une inspiration pour cette newsletter cherchant désespérément et sans succès à définir la résilience.

C’est alors que jeudi dernier, ma grand- mère nous a quitté dans sa 98ème année … C’était mon idole, j’admirais sa grâce, son élégance, son sens aiguisé des affaires, ses talents de négociatrice impitoyable, sa force de caractère, son goût exquis, le soin qu’elle mettait dans chaque chose qu’elle faisait : ses broderies, ses patisseries …et ses déclarations d’impots, ses talents de maitresse de maison, la discipline avec laquelle elle prenait soin d’elle au quotidien … bref vous imaginez mon chagrin d’avoir perdu celle avec qui j’ai partagé toutes ces années de confidences et la seule personne à m’appeler encore « Ma petite fille ».

Alors j’ai continué à réfléchir, sur la résistance, la résilience, la force physique et morale que nous construisons en résistant aux coups de la vie. J’ai pensé aux peurs et aux fragilités que ces coups laissent en nous. Parfois ils nous rigidifient, fossilisent en nous et continuent de nous faire mal. Parfois nous parvenons à les comprendre et à leur donner un sens. alors ils nous assouplissent et nous rendent plus compatissants.
Ce mélange de force et de souplesse, c’est celle du surfeur qui s’adapte à la vague ou celle du roseau dans la tempête … Vous savez celui « qui plie mais ne romps pas »

With love and good vibes ❤

Le Chêne et le Roseau

Le Chêne un jour dit au Roseau :
« Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ; Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d’aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil, Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l’orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste, Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. « Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts

Jean de La Fontaine

Publié par Cath

Professeur de Yoga

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